La plus belle histoire des animaux (Edition du Seuil)



 
P. Picq, paléontologue, anthropologue
J-P Digard ethnologue
B. Cyrulnick éthologue, biologiste, neuropsychiatre
K-L Matignon journaliste, écrivain
                                                      
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L’aube des espèces, Pascal Picq.



La plus belle histoire des animaux (Edition du Seuil)
 
P. Picq, paléontologue, anthropologue
J-P Digard ethnologue
B. Cyrulnick éthologue, biologiste, neuropsychiatre
K-L Matignon journaliste, écrivain
                                                      
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L’aube des espèces, Pascal Picq.


L’histoire des animaux se conjuguent et s’entremêlent à celle de l’homme. Ces histoires, intrinsèquement liées, en interdépendance l’une de l’autre, co-évoluent en place et rôle de chacun dans l’environnement qui les meut et les porte, celui du temps, des milieux et des espaces.L’aube des espèces, introduit la complexité de la genèse du vivant, participe à la compréhension de ce que nous sommes et vivons, de la nécessité de prendre en compte notre environnement, au sens où nous y trouvons nos origines et celle du monde dans lequel nous ad-venons, vivons et existons.
Dans cette complexité, Pascal Picq fait émerger des repères qui font force dans cette genèse du vivant et qui font lien et trace avec le vivant contemporain.
La naissance de la Forme  est un élément essentiel qui engage
une distinction et une différenciation d’avec le tout. Cette notion de forme manifeste l’existence d’une spécificité déterminante et contenue (noyau, données génétiques, centre), l’existence d’une enveloppe dévoilant particularité, distinction (contenant, limite, singularité). L’avènement de la forme va être à l’origine des échanges entre l’intérieur et l’extérieur (noyau, enveloppe, environnement) et générer des interactions  avec la mobilité  comme énergie motrice. 


Ces premiers éléments, font écho à notre propre développement, entre autre à son aspect sensori-moteur et psychologique, comme des incontournables ou permanences au monde du vivant.
De nombreuses notions en psychologie s’appuient sur des termes empruntés à la physique, comme celle de la forme et sont donc très incarnés, comme celle par exemple de résilience, empruntée à la capacité des métaux à emmagasiner de l’énergie quand ils se déforment et à  s’en libérer une fois la charge supprimée.
Dans le travail en relation humaine, il est à percevoir que tout est là sous nos yeux, un peu à l’image du magma. Il y a à œuvrer pour faire advenir une mise en forme afin de proposer des éléments (matière et moyen humain, cadre, fonctionnement, mise en actes, en mobilisation) favorisant l’émergence d’un bien-être (moi, estime de soi) et ou d’un mieux-être (soi dans son rapport au monde).

  • Les  Interactions   apparaissent comme une mobilisation incontournable, source de diversités   et de pluralités, évitant l’uniformité qui appauvrit, réduit les possibles et possibilités. Ces actions réciproques sont indispensables à la dynamique du vivant. Sans elles, il n’y a pas de mouvement, ni d’évolution possible, ni de reconnaissance, ni d’identification par exemple entre la forme et l’environnement. Les interactions influent et modifient le comportement, la nature des éléments, des corps, des phénomènes.

Les interactions dans le développement humain sont également indispensables et sources de croissance, de reconnaissances de soi et de son environnement et construiront le rapport au monde singulier et spécifique de chacun. Ces interactions sont fondamentales car elles favorisent non seulement l’identité mais la neurogénèse (création de neurone fonctionnel, le système nerveux)

  • Le  lien à l’animal trouve ses fondements dans l’origine même  du monde du vivant, des premières formes de vies. Nous portons en

nous les traces même de ce lien dans notre constitution physiologique (coccyx, colonne vertébrale par exemple), comme une mémoire incarnée, mémoire que nous partageons avec le monde animal et qui nous raconterait physiologiquement notre histoire commune. Ce lien à l’animal est entremêlé à une
co-évolution
 et nous sommes simplement les descendants d’une lignée d’espèces, aspect des lois génétiques de la sélection naturelle qui viendra bousculer la pensée d’une toute puissance humaine sur l’univers d’où il vient, qui le porte et le mobilise.
Dans notre travail en médiation animale, il est d’importance de connaître et saisir ce qui nous lie si profondément au monde animal, au risque d’impliquer l’animal partenaire d’un espace de médiation, comme objet, moyen et non comme sujet dans l’interaction relationnel qu’il peut générer.
Pascal Picq reprend l’étymologie du mot animal : L’animal est « un être vivant animé de l’intérieur et doué de sensations et de mouvements volontaires ». Dans l’étymologie latine, animal signifie « être doué de vie » et son adjectif animalis « doué de vie ». Dans l’étymologie grecque animus ou anima est à l‘origine du sens de « souffle, haleine », anima étant réservé à l’aspect physique, animus à l’aspect morale et l’adjectif animale signifie « ce qui a vie ».
Dans le droit français, on considère l’animal comme une chose et un bien, cette considération est très éloignée de l’étymologie d’animal où le rapport à la vie et à sa dynamique est prégnant. Néanmoins, l’animal est envisagé comme un être sensible du point de vue de la douleur physique mais moins reconnu dans une disposition à la sensibilité psychique. Toutes ces dimensions font débats et engagent à reconsidérer le statut de l’animal compagnon et partenaire de l’homme depuis la nuit des temps.
La révolution domestique, Jean-Pierre Digard   Jean-Pierre Digard nous fait traverser l’histoire du
lien homme-animal
. Il met en lumière les périodes clefs de ce cheminement, déterminant de la condition animale et, par la même, du rapport de l’homme à son environnement.
Les premiers rapprochements entre l’homme et l’animal s’établissent dans une collaboration générée par des besoins alimentaires. L’homme va partager des territoires de chasse avec le loup. Il y a comme une mutualisation de compétences observées. Cette proximité physique va s’amplifier par des phénomènes d’
Apprivoisement
, sur lesquels vont commencer à s’établir des échanges de service (alerte, défense, abris, éboueur, nourriture ….).
L’espace relationnel entre l’homme et l’animal sera de plus en plus proche et conduira à des phénomènes d’
Empreinte
 de l’animal vers l’homme, l’empreinte nécessitant des contacts physiques familiers et l’apport d’aliments auprès de jeunes animaux avant même leur sevrage. Cette étape dans la relation homme-animal va venir modifier le comportement de l’animal et déterminera des degrés d’attachement   et de
dépendance    vers l’homme. C’est l’avènement de la  Domestication
, processus continu, entretenu et renouvelé qui s’appuie sur les besoins vitaux de l’animal, nourriture, protection et de manière prépondérante sur sa reproduction. Ce phénomène va favoriser un lien de maîtrise et de domination de l’homme vers le monde animal et va impacter sur la physiologie, l’anatomie et le comportement des animaux, et  ce, de manière continue jusqu’à nos jours.
Le lien à l’animal va donc passer d’une collaboration partagée à une collaboration contrainte, modulée par une organisation prenant appui sur des modes de vie sédentaire ou nomade. L’homme a domestiqué toutes les espèces animales répondant de manière satisfaisante au phénomène d’empreinte, en correspondance à des besoins utilitaires et alimentaires.
Ces besoins élémentaires dans le lien homme-animal seront dépassés par le développement d’échanges économiques mais aussi géopolitiques et l’animal influencera les domaines culturels et idéologiques. Chaque époque, précise Jean-Pierre Digard, raconte l’histoire des hommes au travers de celle des animaux. C’est ainsi que le développement industriel et la mécanisation feront entrer largement l’animal dans la sphère familiale.
Si dès l’Antiquité, l’animal de compagnie  est présent sur le plan des agréments qu’il procure, notre époque s’accorde un espace relationnel fort envers l’animal allant d’un quotidien partagé jusqu’à des attitudes anthropomorphiques, l’animal pouvant y perdre sa vrai nature. Si l’animal de compagnie entre, à part entière, dans la cellule familiale, il devient également aujourd’hui un facteur de santé  chez l’homme. Des recherches scientifiques révèlent que le niveau d’attachement de l’homme vers un animal de compagnie influe de manière bénéfique sur la santé psycho-physiologiques (réduction de la pression sanguine, du cholestérol, apaisement, sentiment de sécurité...).
Cette proximité intime avec l’animal est en paradoxe avec l’animal de rente  au centre du système domesticatoire occidental où l’on s’accorde au gigantisme de l’élevage, à une sélection génétique allant jusqu’à la transgénèse et appauvrissant la diversité animale, fragilisant la nature même de l’animal et par extension celle de la biodiversité.  

L’espace de médiation
de mon point de vue, l’histoire du lien homme-animal développée par Jean-Pierre Digard, fait résonnance à la Constitution  même de l’espace de médiation
. Cette constitution est multifactorielle et se déploie ici tout particulièrement autour de la connaissance de l’animal que nous impliquons dans l’espace de médiation.
Cette connaissance passe non seulement par la prise en compte du caractère, des besoins, du parcours singulier de l’animal-partenaire (caractère, comportement, besoins, histoire particulière, empreinte, éducation ….) mais aussi du parcours de son espèce en lien avec la domestication (condition de domestication, empreinte, place, rôle, fonction, besoins, compétences développées, limites…). A ces aspects, il est à poser ce qui fait écho en nous, nous motive et nous lie à cet animal-partenaire au regard de notre propre cheminement. L’espace de médiation est aussi constitutif de ces éléments conditionnant les mobilisations proposées et nourrissant l’interaction de façon manifeste ou implicite.
 
La dimension de l’attachement

Dans l’évocation du lien homme-animal, la dimension de l’attachement fait écho à la fois pour l’homme et l’animal car il relève d’un besoin fondamental, voir vital. L’attachement est déterminant du développement humain . Ce processus lié aux interactions sensorimotrices distales et proximales, entre l’enfant et son environnement humain, apporte sécurité physique et psychique (contacts cutanés, holding, handling de D. Winnicott). Par l’attachement, l’enfant trouvera appuis pour explorer son environnement, entreprendre des apprentissages et progressivement gérer à son initiative ses propres dépendances (autonomie). Sans l’avènement de ce processus d’attachement, un nourrisson développera un état dépressif (glissement psychophysiologique) avec un pronostique vital engagé (dépression anaclitique du nourrisson, R. Spitz).
Chez l’animal le phénomène d’empreinte  est défini comme un processus d’attachement et de reconnaissance à son espèce  au cours de la période dite sensible (premiers moments de la vie). C’est une capacité d’acquisition instinctive et rapide qui orientera les conduites et comportements de l’animal (K. Lorenz, H Harlow). Sans marques répétés d’attachement, l’animal n’engagera pas d’interactions avec ses pairs et restera dans le retrait et l’isolement jusqu’à se mettre en danger vital.  La double empreinte 
Dans la double empreinte, l’animal investit et conserve des éléments d’attachement à son espèce et à une autre espèce. Cette potentialité de double empreinte va entrer dans les phénomènes de domestication qui seront déterminants des degrés d’attachement et de dépendance de certains animaux vers l’homme.
Mais ces dépendances liées à la Domestication , ancrée à l’origine sur des partages de territoire, viendront également définir des espaces de liens d’échanges   entre l’homme et l’animal. L’homme découvre des apprentissages possibles avec l’animal et l’impliquera à des tâches utilitaires de son quotidien. Du côté de l’animal domestiqué, l’intérêt alimentaire, d’hébergement, de soin et de protection l’engagera au maintien de ce lien avec l’homme. Cette
relation d’entre-aide    favorisera une complicité, un partage émotionnel entre l’homme et l’animal. La présence animale auprès de l’homme sera observée comme pouvant être bénéfique à la santé humaine. Cette relation d’entre-aide est aujourd’hui investie dans le développement des activités de médiation en matière de santé humaine. 
Le temps de l’échange, Boris Cyrulnik 

Boris Cyrulnik développe à quel point l’homme a pris appui sur le monde animal et dans la forme des liens entre lui et l’animal, pour tenter de se comprendre, de comprendre le monde. Les civilisations, les cultures, les croyances, notre imaginaire sont pleinement colorées par la présence animale, comme pour manifester de la condition humaine. Celle-ci se pose en deux grandes visions. L’une considère l’homme comme un être supérieur ayant nécessité à la maîtrise de ce qui vient de la terre. L’autre considère l’homme comme un être vivant co-évoluant aux côtés de l’animal et dans les environnements qui conviennent à leur nature.
Aujourd’hui encore nous pouvons voir s’exprimer ces deux grands points de vue. D’un côté, les militants de la biodiversité impulsant sur l’idée que la diversité et les interactions sont les garants de continuum de l’évolution de la vie. De l’autre, ceux qui poursuivent le projet de maîtrise du vivant pour améliorer les conditions de vie de l’homme en puisant sur l’existant environnemental.
Comme l’exprime, Boris Cyrulnik, « L’histoire des animaux est celle de notre regard sur eux et se module suivant les époques et les lieux. » Ce regard est appréhendé en termes du paradoxe contemporain où le lien homme-animal fluctue entre le destin de l’animal de rente et celui de compagnie. L’animal loge dans l’intime du quotidien de la famille et prend part à la vie relationnelle et affective de l’homme qui en retire un équilibre pour lui-même. Mais l’animal fait aussi l’objet de notre consommation et on tente d’ignorer son sort, ses conditions d’élevage et d’abattage. On formule une qualité inférieure ou supérieure aux animaux. On en détermine des aspects nuisibles et utiles. On finit par penser et concevoir une sorte de sélection avec d’un côté, le choix de caresser, de prendre soin d’un animal, et de l’autre, d’éliminer sans état d’âme.
Boris Cyrulnik interroge ce paradoxe en apportant un éclairage sur la réalité des animaux,  de leur monde et leurs modes de fonctionnement. Il s’appuie sur le philosophe Aristote pour exprimer que « Chaque être vivant a sa propre intelligence qui opère en sens et en signification dans la cohérence des interactions avec l’environnement ». Il accorde cet appui avec l’éthologie comparée et la notion de « Umwelt »  de Jakob Von Uexül selon laquelle chaque espèce vivante a son univers propre, à quoi elle donne sens, et qui lui impose ses déterminations. « L’animal perçoit le monde que son système nerveux façonne ». Selon les spécificités de son équipement sensoriel (capteurs sensoriels, spectres de sensibilité), chaque être vivant appréhender de manière singulière un même environnement « Un serpent vit dans un monde d’infrarouges, la chauve-souris dans un univers d’ultrasons, l’éléphant d’infrasons, le singe de formes et structures vocales, les oiseaux d’images et couleurs, l’homme voit mieux ce qu’il pense que ce qui est….. » Les animaux vivent dans un espace et une temporalité liés à une grande variété de modalités sensorielles dans les interactions à leur environnement.
Les technologies nouvelles et la neurobiologie, en démontrant la capacité des animaux à répondre à une stimulation intérieure liée à l’activité cérébrale, sont venues bousculer l’idée que la parole nous distingue de l’animal. L’aptitude d’un être vivant à répondre à une représentation et non à une perception (phénomène lié à la mémoire) manifeste de la Conscience  et de potentiels d’apprentissages

 « Ce qui nous différencie de l’animal est le fait que par les mots de l’autre, nous modifions notre conscience, c’est la conscience partagée. » L’intelligence animale
 serait la capacité à œuvrer à partir des cognitions d’un individu et de celles de son espèce, la collaboration entre congénères étant primordiale. Ces cognitions peuvent être liées à des données héréditaires comme chez l’abeille qui corrige les erreurs d’un congénère, ou par initiative, comme pour le castor qui détermine et planifie son action. Certaines espèces fonctionnent par intelligence collective sur une unité de base comme la fourmi qui ne peut vivre sans la fourmilière ou les pingouins qui coopèrent et interagissent entre individus pour combattre le blizzard.
Au-delà de cette capacité, les réponses aux stimulations sensorielles, irrésistibles pour certains animaux, peuvent leur être fatal. C’est le cas du papillon qui va se brûler les ailes sur une ampoule électrique, ou les lemmings, rongeurs d’Amérique du Nord, qui se jettent des falaises. « Si l’homme a la liberté de ne pas se rendre prisonnier de ses perceptions, il peut l’être au niveau des représentations sociales et culturelles »
Nous partageons avec les animaux notre structure cérébrale  liée à l’évolution de l’intelligence animale à travers les âges. Nous vivons dans le monde du serpent au travers du répertoire des comportements réflexes et instinctifs lié à notre survie. Ceux sont nos besoins élémentaires : se nourrir, se reproduire, reconnaître ses semblables, ses prédateurs, définir son territoire, s’abriter et réguler de l’homéostasie corporelle (température du corps, pression sanguine, glucose). Comme chez les mammifères le système limbique, cerveau des émotions, permet la création de souvenirs, l’apprentissage de comportements complexes, l’établissement des liens et de la vie sociale. Le néocortex, matière grise enveloppant tout le cerveau, donne des moyens sophistiqués de traitement des informations de l’environnement, l’acquisition et la transmissions de nouvelles connaissances, la prévision et la planification des actions. Il fait que l’homme vit dans un monde de symboles et d’artifices depuis l’émergence du langage.
Nous partageons avec les mammifères et les oiseaux « un grand programme commun » celui du Sommeil  dont la période de sommeil profond est le siège     des rêves,
 les animaux rêvant de leur thème de vie et plus ou moins selon les espèces. La durée et l’intensité du sommeil des animaux est fonction de leur vulnérabilité (prédateur, proie), de l’importance du temps d’apprentissages du juvénile. Les juvéniles des espèces nidicoles (élevés par les parents) dorment plus que les juvéniles nidifuges qui eux doivent s’adapter tout de suite, leur imprégnation doit être rapide pour résoudre les problèmes de leur environnement, c’est une question de survie.
Boris Cyrulnik souligne la capacité animale de former une image de soi , d’éprouver des Émotions , de Mémoriser, de  rêver , ouvrant ses propos aux processus d’attachement intra et inter-espèce et aux conditions des liens homme-animal dans l’espace partagé du quotidien de l’homme et de celui de la médiation animale. L’imprégnation  du jeune animale s’effectue par côtoiement physique et sensoriel au « parent, au cours d’une période dite sensible qui varie selon les espèces. Elle s’étend aux congénères, à l’environnement immédiat, aux autres juvéniles sous forme de jeux selon les capacités et besoins d’apprentissages, la double empreinte  étant celle dirigée vers une autre espèce. L’attachement de l’animal à l’homme se lie à une connotation émotionnelle et biologique acquise entre être vivant.
Le phénomène de double empreinte doit être existant pour l’animal de compagnie et introduit de manière progressive et continue dans le respect de l’attachement au « parent » pour l’équilibre comportemental du développement du jeune animal. Le chien s’attache aux membres de la meute donc à son maitre, le chat s’attache au site, à un lieu géographique. Dans le lien à l’homme, les situations de jeux du juvénile se poursuivent plus longtemps, prolongeant le processus d’apprentissage. Les comportements juvéniles sont plus persistants.
Les animaux trouvent matière à Communiquer  vers l’homme au travers de nos émissions vocales, nos postures, regards, gestes, sécrétions corporelles (les phéromones, médiateurs chimiques) … Nos émotions sont perçues, pas nos affects qui sont en lien à la parole. Nos mots sont perçus par leur sonorité en résonnance à nos attitudes corporelles, notre tonicité et en association à un objet ou à une action précise. Les animaux domestiques font preuves de performances intellectuelles  pour s’adapter à nous. Le chien aboi et le chat miaule, ronronne bien plus avec l’humain que dans la nature. 

 La présence animale, une coévolution

L’histoire du lien homme-animal participe d’une coévolution où le partage de territoires, d’espace d‘échanges, d’entre-aides a favorisé une complicité jusqu’à, pour certaines espèces animales, l’entrée dans l’espace intime du quotidien de l’homme. La  présence animale  auprès de l’homme, participe à concevoir la diversité dans laquelle nous sommes et vivons et peut venir toucher l’intime de l’humain et favoriser bien-être, équilibre psycho-physiologique.
Boris Lévinson (1960 « pet therapy ») sera l’un des premiers thérapeutes à constater que la présence animale, en relation d’aide, pouvait venir élargir l’espace thérapeutique et parvenir à médiatiser la relation à l’autre.  Umwelt   
De ce regard porté par Boris Cyrulnik dans l’échange homme-animal, je suis sensibilisée par l’aspect développé autour de la notion de « Umwelt ». La prise en compte de la spécificité propre à chaque être vivant d’appréhender de manière singulière un même environnement, est primordiale en relation d’aide et dans le champ de l’espace de médiation animale.
D’une part, appréhender l’animal que l’on introduit dans l’espace de médiation, de connaître son monde, son histoire, son mode de fonctionnement à la fois dans le singulier et dans le commun à son espèce, est d’importance dans les rapports de communications avec l’intervenant en médiation et dans le travail à élaborer.
D’autre part, il est également d’importance de bien percevoir et mesurer la manière dont le bénéficiaire appréhende son rapport au monde pour engager la relation d’aide au mieux de ce qu’il est et exprime, avant toute élaboration de propositions pouvant faire advenir un possible remaniement de ses difficultés.
 
Pascal Picq
la compréhension du monde animal place l’homme dans ce qu’il est et dans sa place en rapport à l’environnement d’où il vient et qui le porte « nous ne sommes que les locataires de la terre, un passage de la vie » « ce que la nature a créé et que l’homme détruit, l’homme ne pourra jamais le refaire. »
Jean-Pierre Digard
« Après avoir longtemps traité les humains comme des animaux et certains animaux mieux que des humains, il est grand temps de considérer les uns et les autres pour ce qu’ils sont, dans le respect bien compris de la vie et des êtres »
Boris Cyrulnik
 « Les animaux ne sont ni des machines, ni des humains, ni des idoles et je pense que le troisième millénaire sera celui de la découverte des mondes animaux … en les observant nous avons compris notre place dans le monde. Et pourtant, c’est la première fois dans l’histoire de l’homme que nous sommes capables de découvrir et de comprendre les mondes mentaux des animaux »
Travaux DURAMA
Le 16/02/2012 M-R Séverin
 





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